vendredi 12 avril 2019

Ibéris, le fruit de l'amour


Un flot de pitié balaya son hostilité. Et ce sentiment ne le quitta plus, en dépit de tous les événements qui allaient se produire. Sa compassion resta sincère, bien que parfois traversée d’un sentiment moins louable qu’il s’efforçait de chasser. La pitié condescendante est en effet parfois plus insidieuse que la haine franche. Car lorsque l’individu aspire à voir son semblable rester à ce rang de bassesse lui inspirant la pitié, il l’abreuve en fait d’une malveillance profonde. Il ne vise plus à l’anéantir, mais à garder intérieurement le contrôle sur lui. L’homme n’aime la haine – si l’on peut dire – que lorsqu’il peut l’assouvir. Sans quoi elle le brûle. Si son ennemi est un miséreux écrasé par le sort, celui-ci devient un objet de haine délectable. Dans ce cas, il lui prodigue en souvenir un lot rationné de pitié, c’est-à-dire d’amour, pour le maintenir en vie et prolonger sa souffrance.

Libellés : , , ,

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]

<< Accueil