mercredi 18 juin 2014

L'arrivée à Médine



Après la prière du vendredi, le Prophète entra à Yathrib. C’est ce jour qu’elle fut rebaptisée : Médine (la Ville [du Prophète]). Ce fut un jour historique entre tous. Les demeures et les rues vibraient sous la clameur des louanges et des sanctifications. Pour exprimer leur joie, les filles des Ansâr chantaient les vers suivants :

Sur nous s’est épanchée la clarté d’une lune,
Du Col des adieux, au-dessus de Médine.
Tant qu’homme assumera de prêcher le Seigneur,
Il nous incombera de rendre grâce encore.
Toi qui fus envoyé parmi nous par le ciel,
À ton ordre [et ton vœu] nous resterons fidèles.


Les musulmans médinois, bien que pas très fortunés, désiraient tous accueillir le Prophète. Chaque fois que sa chamelle passait devant une maison, quelqu’un en prenait les rênes et disait : « Viens chez nous. Tu y trouveras, convivialité, hospitalité et sécurité. » Mais l’Envoyé de Dieu leur répondait : « Laissez-la, elle obéit à un Ordre [divin] ». La chamelle circula ainsi, jusqu’au moment où elle arriva à l’emplacement actuel de la Mosquée de Médine. Elle mit les genoux à terre un instant, mais le Prophète ne descendit pas. Elle se releva, tourna un moment, puis revint au premier emplacement et s’agenouilla. Le Prophète descendit alors. Il se trouvait en fait chez les Banû Najjâr, sa famille maternelle. C’était une heureuse providence, car il avait à cœur de s’installer chez eux pour les honorer. Chacun d’eux vint le trouver pour le convaincre de s’installer chez lui. Abû Ayyûb Al-Ansârî s’empressa de prendre ses bagages et les emmena chez lui. L’Envoyé de Dieu déclara alors : « Un homme doit rester avec ses bagages. » [Il partit donc chez Abû Ayyûb.] As‘ad Ibn Zurâra prit ensuite les rênes de sa chamelle et la conduisit chez lui[1]. Le récit d’Anas, rapporté par Al-Bukhârî, précise que le Prophète demanda : « Laquelle des demeures de notre famille est la plus proche ? » Abû Ayyûb répondit : « La mienne, Envoyé de Dieu. Voici ma maison ; voici ma porte ! » – « Rentre donc, lui dit le Prophète, et prépare un endroit pour faire la sieste. » Il s’exclama : « Avec la bénédiction de Dieu ! »[2].




[1] Rahmatan lil-‘Âlamîn, 1/106 ; Zâd al-Ma‘âd, 2/55.
[2] Sahîh Al-Bukhârî, 1/556.

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