vendredi 20 juin 2014

L'amour des compagnons pour le Prophète.

Quant à ses compagnons et amis, ils le chérissaient plus que leur propre personne. Leur amour les faisait incliner vers lui aussi naturellement que l’eau court dans son lit ou que le fer court à l’aimant. Un poète a dit :

Sa forme est le substrat de tout corps existant,
Et de l’amour des cœurs, l’irrésistible aimant.

Leur amour était si inconditionnel qu’ils étaient prêts à donner leur vie pour lui éviter le moindre mal.

Abû Bakr Ibn Abî Qahâfa marchait un jour dans La Mecque lorsqu’il fut agressé par ‘Utba Ibn Rabî‘a. Celui-ci commença à le frapper au visage à l’aide de sandales à larges semelles, puis il le plaqua sur le dos et lui sauta dessus avec tant de virulence qu’on ne distinguait plus son nez du reste de son visage. Après cette agression, les Banû Tamîm durent le ramener chez lui sur un vêtement. Les gens pensaient qu’il allait mourir. À la fin de la journée [il reprit connaissance] et demanda : « Qu’est-il arrivé à l’Envoyé de Dieu ? Ils l’ont insulté et fustigé. » Les hôtes prirent congé et demandèrent à sa mère Umm Al-Khayr d’essayer de lui donner à manger et à boire. Lorsqu’ils furent seuls, sa mère insista pour qu’il prenne quelque chose, mais il demanda de nouveau : « Qu’est-il arrivé à l’Envoyé de Dieu ? » Sa mère lui répondit : « Par Dieu, je ne sais pas ce qui est arrivé à ton compagnon ! » Il lui dit alors : « Va voir Umm Jamîl, la fille de ‘Umar et demande-lui de ses nouvelles. » Elle partit donc voir cette dernière et lui demanda : « Abû Bakr demande des nouvelles de Muhammad Ibn ‘Abd Allah. » Elle répondit : « Je ne sais pas ce qui est arrivé, ni à Abû Bakr, ni à Muhammad. Si tu veux bien que je t’accompagne auprès de ton fils, allons-y. » « Allons-y répondit-elle. » Elles se rendirent toutes les deux chez l’agressé. Lorsqu’Umm Jamîl le vit ainsi, alité et le visage livide, elle cria de stupeur : « Par Dieu, les gens qui t’ont fait ça ne sont que d’infâmes impies ! J’espère que Dieu te donnera vengeance. » L’intéressé se contenta de demander : « Qu’est-il arrivé à l’Envoyé de Dieu ? » Elle répondit : « Ta mère nous écoute »[1]. « Tu n’as rien à craindre d’elle, répondit-il. » Elle poursuivit alors : « Il est sain est sauf.  Où est-il ? – Chez Ibn Al-Arqam. – Je jure devant Dieu que je n’avalerai rien tant que je ne me serai pas rendu auprès de l’Envoyé de Dieu, conclut-il. » Les deux femmes attendirent que le blessé soit apaisé et que les rues se désemplissent, puis elles l’emmenèrent auprès de l’Envoyé de Dieu – Grâce et Salut lui soient accordés ! en le soutenant[2].




[1] Elle avait peur que celle-ci révèle des informations aux polythéistes.
[2] Al-Bidâya wa-l-Nihâya.

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