dimanche 29 juin 2014

Amour et unicité

L’homme conscient du lien divin unifiant tous les êtres ne s’envisage plus séparément de ceux-ci sous un certain rapport. Ce qui change sa relation au monde et élargit l’objet de son amour. Citons al-Jîlî :

Tous les êtres créés sont des flocons de neige
Et Toi Tu en es l’eau, ou la source, dirais-je :
La neige à l’eau est-elle, en essence, étrangère ?
Si par disposition en la loi[1] elle diffère,
Cette disposition le dégel annihile,
Et à celle de l’eau dès après l’assimile.

La façon d’envisager l’unicité a une conséquence majeure sur la vision que les auteurs soufis ont de l’amour. Ouvrir le chapitre doctrinal de l’unicité donnerait à ce chapitre une toute autre proportion et nous sortirait du cadre fixé. Néanmoins, je dirai que l’idée de contempler l’Aimé au sein de toute chose, ou à travers toute chose, a pour conséquence d’assimiler la chose à l’Aimé sous un rapport ou sous un autre, ou du moins, d’évoquer l’Aimé par la part aimable qu’elle comporte. Aussi les soufis voient-ils Dieu, comme nous l’avons dit, en toute image gracieuse, toute beauté étant issue de Sa divine beauté.



[1] C'est-à-dire sous le rapport légal discriminant les choses.

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