dimanche 20 janvier 2013

Immanence et transcendance

Le Sheikh Muhyî Al-Dîn Ibn 'Arabî déclare dans les Futûhât: "Les sens et l’imagination aspirent par Essence à [perce]-voir leur Existenciateur. Quant aux raisons, elles aspirent également à Le connaître par nature, à travers leurs démarches déductives : en infirmant et en affirmant ; et en qualifiant de nécessaire, de possible et d’impossible. Dieu s’adresse ainsi aux sens et à l’imagination par son aspect purement intangible (tajrîd) que décrivent les arguments rationnels. Entendant cela, les sens et l’imagination sont confus et déclarent « nous sommes désemparés ! ».
Puis il s’adresse aux raisons par Son aspect immanent que révèlent les sens et l’imagination. Appréhendant cela, les raisons sont confuses et déclarent : « nous sommes désemparées ! » Il demeure ainsi trop immensément éminent pour être appréhendé par les raisons autant que par les sens et l’imagination. C’est à Lui qu’appartient la prérogative de conduire à la perplexité par la perfection même. Aussi, ne connait le Très-Haut que Lui-même et ne Le voit que Lui-même. Les créatures ne l’embrassent pas par leur science et ne voient de lui nulle Essence. Elles ne voient que des traces ; elles ne saisissent que des aspects ; et elles ne louent que des degrés. Mais Dieu Lui-même est au-delà de tout cela et demeure néanmoins adoré en son aspect immanent. C’est cela la perfection de Dieu. Quant à l’Homme, il se tient dans un état médian : entre la perfection de la perplexité et la louange, laquelle est la perfection du monde. C’est donc le monde qui trouve sa perfection par l’Homme et non l’Homme qui trouve sa perfection par le monde. Comprends-donc ! 


Les Gemmes précieuses, Sha'rânî

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