vendredi 11 janvier 2013

Des doctrines plurielles et de l'adoration

Le Sheikh Muhyî Al-Dîn Ibn 'Arabî déclare dans les Futuhât : « Il est impossible d’adorer Dieu sur la base d’un pur néant. Il faut donc que l’adoration se rattache à des réalités sensibles ou proches du sensible, comme l’évoque la tradition « Adore Dieu comme si tu le voyais ». Et c’est déjà une bien grande faveur et générosité de la part de Dieu que de nous permettre ce support d’adoration. Si Dieu tenait rigueur au serviteur d’adopter ces doctrines qu’échafaudent leurs pensées, Il les ferait périr. Car, en sa pensée et son raisonnement, chacun conditionne son Seigneur dans les limites de sa connaissance : il voit son Seigneur comme ceci plutôt que comme cela. Or il ne convient d’attribuer au Très-Haut que l’absolu.
Mais Dieu disculpe Ses créatures de le conditionner ainsi, et Il leur pardonne. Car ceux-ci déploient tous leurs efforts pour Le connaître. Et si le Vrai ne se trouvait pas auprès de toute doctrine islamique, les serviteurs n’adoreraient que le néant. Car si Dieu se trouvait tout entier circonscrit en la doctrine de tel ou tel serviteur, Il serait fatalement absent de la doctrine de tous les autres. Nous comprenons donc que quiconque cherche à connaître intellectuellement l’Essence divine tend à un but impossible. La preuve de ce que nous avançons se trouve en la pluralité des avis des spéculateurs sur la Personne divine et de la concordance des propos à Son sujet, lorsque ceux-ci viennent de Lui, de Son prophète et des saints inspirés. Si le spéculateur comprenait la parole de Dieu « Et Il n’est pas engendré »[1], il saurait que tout ce que produit l’intellect à partir des prémisses qu’il adopte comme connaissance de Dieu, est un engendrement. Or le Très-Haut nie que Sa personne puisse être engendrée. Qu’en est-il de la doctrine de ce spéculateur qui voudrait engendrer Dieu par sa pensée. S’il est croyant, il cause en cela du tort à sa foi ; et s’il n’est pas croyant, c’est une insuffisance assez grande que de ne pas l’être. »


Les Gemmes précieuses, Sha'rânî
http://www.tabernacledeslumieres.net/



[1] Coran 112 : 3.

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