samedi 28 juin 2014

Troublant idylle

Ah ! Puissé-je savoir qui est l’objet que j’aime ?
Est-Il autre que moi ou bien est-Il moi-même ?
Si je suis cet objet et chéris ma personne,
Je suis ce que je brigue et ce que j’affectionne !
Or cela se peut-il en un individu ?
Quoi, cet homme serait le galant éperdu,
Tout en étant celui à qui la flamme est due ?
Bien troublant est l’amour de cet aimé amant,
Et s’éprendre d’un autre est un grand manquement.
Où il n’est qu’un seul Être, est-il d’aimant désir ?
Proximité peut-elle au singulier se dire ?
Non, il faut être deux pour être près, or Dieu
Est un. Dénonce donc ce mirage spécieux.
Tu trouveras le Vrai, t’approchant davantage,[2]
Car en l’unicité il n’est point de mirage.
Unique en son essence, à tout être apparent,
Où que vous vous tourniez, Dieu, le Vrai, est présent.[3]

                                                        Mustaphâ Al-'Alawî

[2] Allusion coranique : « Les œuvres des mécréants sont comparables à un mirage [apparu] dans une plaine désertique : l’assoiffé le prend pour de l’eau, jusqu’au moment où, l’ayant atteint, il ne trouve rien. Mais il trouve là Dieu… » (Coran, 24 : 39)
[3] Allusion coranique : « Où que vous vous tourniez, là est la Face de Dieu. » (Coran, 2 : 115)

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