vendredi 7 juin 2013

Vertu et équilibre

Ce qu’il convient donc de trouver est l’équilibre entre l’avarice et l’excessive prodigalité, afin de se situer au centre et de se tenir le plus loin possible des extrêmes. Si tu veux connaître ce centre, considère l’action qu’implique la caractéristique répréhensible : si elle t’est plus aisée et plus agréable que l’action qui lui est opposée, c’est que cette caractéristique prédomine en toi.
Si par exemple, retenir et thésauriser l’argent t’es plus agréable et plus aisé que de le dépenser à bon droit, sache que l’avarice est ce qui prédomine en toi. Tu dois donc continuer à dépenser. Si en revanche les dépenses injustifiées te sont plus agréables et plus aisées que la juste parcimonie, c’est que la tendance au gaspillage domine. Tu dois donc continuer à t’astreindre à la stricte économie.
Continue donc à observer ton âme, tu t’instruiras de ta complexion à travers la difficulté et la facilité avec laquelle tu accomplis les choses, jusqu’à ce que ton cœur cesse de se préoccuper de l’argent et que tu ne tendes plus ni à le dépenser, ni à l’épargner ; et qu’il soit comme de l’eau que tu met en réserve quand il le faut et que tu répands quand il le faut, de sorte que ton cœur ne penche ni dans un sens ni dans l’autre.

Tout cœur ainsi caractérisé retourne à Dieu dans une saine disposition relativement à cette vertu. Et il convient que l’homme acquière cette saine disposition relativement à toutes les vertus, de façon à ce qu’il n’ait plus d’attachement à rien en ce bas-monde et que son âme le quitte dénué de toute attache.

Extrait de L'éducation de l'âme, Ihyâ' 'ulûm al-dîn, Abû Hamîd Al-Ghazâlî

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