mardi 4 juin 2013

Patience

La première chose par laquelle doit être éprouvée la vertu de quelqu’un est sa patience face aux nuisances. Quiconque se plaint du mauvais caractère d’un autre, révèle que le sien l’est aussi. Car la vertu consiste à endurer les nuisances.
On rapporte que l’envoyé de Dieu (S) marchait un jour en compagnie d’Anas. Un bédouin arriva vers lui et le tira violement. Le prophète portait une tunique de Najrân à l’encolure épaisse. Anas, que Dieu soit satisfait de lui raconte que le bédouin tira si fort qu’il put voir la trace de l’encolure sur le cou du prophète (S). Puis le bédouin s’exclama : « Eh ! Muhammad, donne-moi un peut de cet argent de Dieu dont tu disposes. » Le prophète (S) se tourna vers lui en riant et ordonna que lui soit donner de l’argent.[1] Lorsque les gens de la tribu de Quraysh[2] lui eurent causés d’excessives nuisances, allant jusqu’à le frapper, il s’adressa a Dieu en ces termes : « Mon Dieu pardonne aux gens de mon peuple, ils ne savent pas. »
[…]Abû ‘Uthmân al-Hîrî avait été convié chez un homme. Celui-ci voulait en fait le mettre à l’épreuve. Quand il arriva chez lui, l’homme lui dit : « Tu n’as rien à faire là ». Abû ‘Uthmân rebroussa chemin. Mais avant qu’il ne soit rendu très loin, l’homme le rappela et lui dit : « Maître, revenez ! » Il fit donc demi-tour. Mais une fois arrivé, l’homme lui répéta ce qu’il avait dit la première fois. Il reparti donc. L’homme l’interpella bientôt une troisième fois et lui dit : « revenez comme vous le prescrit votre devoir. » Lorsqu’il arriva sur son seuil, l’hôte lui fit le même accueil. Il rebroussa donc chemin. Mais l’homme revint le voir une quatrième fois et le reconduisit chez-lui, puis le renvoya de nouveau. Il fit cela de nombreuses fois et trouva Abû ‘Uthmân inchangé. Finalement, il se jeta à ses pieds et lui dit : « Ô maître, je voulais seulement vous éprouver. Comme vous êtes vertueux ! » - « Ce que tu as vu n’est rien de plus que la vertu des chiens, répondit-il : quant on appelle un chien il vient et quand on lui ordonner de s’en aller, il s’en va ! »
On relate aussi de lui qu’il passait un jour sur une grande route, quand des gens jetèrent sur lui une urne de cendre. Il descendit de sa monture et se prosterna une fois pour signifier à Dieu sa gratitude. Puis il épousseta la cendre de ses vêtements sans rien dire. Des personnes lui demandèrent pourquoi il n’admonestait pas les coupables. Il répondit : « Quand un homme mérite le feu et que sa condamnation aux flammes est commuée en condamnation aux cendres, il n’a pas lieu de se fâcher. »

Extrait de L'éducation de l'âme, Ihyâ' 'ulûm al-dîn, Abû Hamîd Al-Ghazâlî




[1] Hadîth unanimement reconnu, d’après le récit d’Anas
[2] Tribu à laquelle appartenait le prophète.

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