mercredi 25 juin 2014

Union

Il est bien désolant de voir que notre union
Est cette dette échue que nous atermoyons ;
Qui harasse en recours l’ayant droit qui l’attend,
Quand le prix de l’amour, lui, se paye comptant !
La brise, de ma part, lui fera parvenir
Un salut plein d’égards, tandis que le zéphyr
Répondra par le musc en l’odeur qu’il expire.
De notre intime lien la mémoire est intacte
Et nous n’avons rompu, malgré le temps, le pacte.
Et même s’il est dit que la persévérance,
Donne à qui s’arme d’elle et gloire et réjouissance,
Pourtant bien vainement, l’effort, l’homme dispense,
S’il n’est accompagné d’un peu de providence !
Car le pingre destin offre à l’un sans effort
Là où l’autre s’échine et le besoin déplore.
Le sort est ainsi fait qu’un bien à notre égard,
N’est que le fait, toujours, d’une erreur de sa part,
Cependant qu’à dessein les maux il nous prépare !

Ibn Zaydûn

Extrait de "Poésie arabo-andalouse"

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