vendredi 27 juin 2014

Eloge du Prophète, Nabahânî

O maître dont l’empire enceint de soi les mondes,
Toi dont est la bonté comme la mer féconde,
Ce qu’ont les plus cléments de générosité,
N’est qu’une perle d’eau, de tes flots empruntée ;
Tu te dispenserais de mes flatteries, toutes,
Dont les emphases rien à ta gloire n’ajoutent ;
Grand seigneur que tu es, de ces apologistes
Te louant avant moi, longue je sais la liste !
Les laudateurs n’abordent une voie bondée
Où, se gênant l’un l’autre, ils vont incommodés :
Ils sont en leurs encens comme seraient des seilles
Puisant dans ta grandeur à l’océan pareil.
Car comment peuvent-ils prétendre t’exalter,
Quand ton être procure et l’encre et la dictée ?
Si les célébrations de nos voix altières,
En leurs plus doux accents remplissaient ciel et terre,
Nous ne recenserions de tes vertus profondes,
Dans nos seaux étriqués, que quelques gouttes d’onde.
Ainsi qu’une fourmi, qui scande la louange,
Du petit coin de trône où sa taille la range.
Elle peint ce qu’aveint sa fluette existence,
Mais qu’atteint-elle en ça des confins de l’immense ?

An-Nabhânî, Eloges du Prophète


Extrait de "Éloges du Prophète"

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